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Une journée à la rencontre d'agriculteurs de la vallée de Munster

Lundi, j’ai passé la journée dans la vallée de Munster afin de venir à la rencontre d’agricultrices et agriculteurs de montagne.

J’ai particulièrement apprécié cette journée sur le terrain, à la rencontre des agricultrices et agriculteurs de ma circonscription et je tenais à remercier Florent Campello pour l’organisation de ces visites ainsi que l’ensemble des agricultrices et agriculteurs qui m’ont ouvert les portes de leurs exploitations. Ces visites ont été source de nombreux échanges sur les enjeux qui se posent aujourd’hui en agriculture de montagne. 

Dans l’optique du prochain débat sur le Projet de loi d’orientation et d’avenir agricoles qui aura lieu à l’Assemblée nationale, ces discussions me serviront dans mon travail parlementaire afin de défendre ce modèle d’agriculture.

La Marcairie du Frankenthal avec Roseline Kempf

La première exploitation que j’ai pu visiter était celle de Roseline Kempf, jeune agricultrice de 31 ans. 

En plus de son exploitation sur les hauteurs de Soultzeren, elle gère également la Marcairie du Frankenthal. Roseline élève des vaches ainsi que des cabris et quelques chèvres. La Marcairie du Frankenthal lui permet de valoriser directement ses produits et sa production.

Roseline est une agricultrice passionnée, dévouée à l’entretien des paysages qui font la beauté de nos massifs. C’est notamment aidée de ses chèvres qu’elle entretient minutieusement les nombreux murets en pierres sèches qui se trouvent sur ses terres et qui dessinent le paysage si reconnaissable des milieux ouverts de moyenne montagne. 

Ces murets sont de véritables réservoirs à biodiversité, attirant de nombreux lézards et petits insectes mais demandent énormément d’entretien, avec notamment un recours à des écobuages ponctuels. 

Le père de Roseline, Jean-Luc Kempf, tout aussi passionné, l’épaule dans cette aventure afin de lui permettre de combiner ses différentes activités.

La chèvrerie du Londenbach avec Fabien Barre

Je me suis ensuite rendu à la chèvrerie du Londenbach, toujours à Soultzeren, pour y rencontrer Fabien Barre. 

Cet agriculteur installé depuis 2014, élève aujourd’hui une soixantaine de chèvres en agriculture biologique, dont il valorise la production laitière sous forme de fromages distribué en vente directe. 

C’est avec grand intérêt que je l’ai écouté m’expliquer sa manière de voir l’élevage, en accord avec le cycle des saisons et toujours ancré au cœur même du territoire. 

Fabien propose également des visites à la ferme qui sont gratuites et permettent à ceux qui le souhaitent de découvrir la vie de la chèvrerie et d’assister aux traites. En faisant cela, Fabien rend un vrai service à la population puisqu’il contribue à lutter contre la rupture de notre société avec le monde paysan. Il est essentiel de mettre à nouveau l’agriculteur au centre de la société qu’il nourrit et cela passera inévitablement par la création de liens de confiance comme les visites proposées par Fabien.

La ferme Wehrey avec Jean-Daniel Wehrey

Étape suivante, la ferme Wehrey. Sur plus de 90 hectares, Jean-Daniel Wehrey élève 90 vosgiennes qu’il valorise sous forme de lait, de fromage ou encore de viande. Son frère Michel Wehrey s’occupe quant à lui de la ferme auberge du Buchwald sur les pentes du Petit Ballon. 

Lorsque l’on visite la ferme Wehrey, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour le père de Jean-Daniel et Michel, Jean Wehrey, grand défenseur du patrimoine vosgien décédé en 2021. Cet éleveur passionné a permis d’éviter la disparition de la race vosgienne et a joué un rôle actif dans la création de l’Association des fermes-auberges du Haut-Rhin dont il a été président pendant 35 ans. 

J’ai constaté que la famille Wehrey continue à incarner cette passion de la vosgienne tout en portant de nombreux projets pour l’avenir, avec une nouvelle génération déjà bien présente sur l’exploitation.

L'EARL du Rothenbach avec Florent Campello

Pour la dernière étape de la journée, je me suis rendu à Mittlach visiter l’EARL du Rothenbach nichée au fond de la vallée. 

Florent Campello, accompagné de son salarié Basile, m’ont montré quelques uns des 185 hectares que compte l’exploitation. 

Une importante partie de ces espaces s’étant refermés au fil du temps, un des grands projets de Florent est donc de rouvrir ces espaces petit à petit et d’y réimplanter de l’élevage, notamment avec sa soixantaine de brebis. La forte déprise agricole connue dans les années 1970-1990 a eu pour conséquence la fermeture de nombreux espaces qui étaient auparavant dédiés à l’élevage, et notamment en montagne. Cette fermeture des espaces entraîne une importante perte de biodiversité, mais peut également augmenter les risques de propagation d’incendies forestiers, en l’absence d’espaces tampons permettant de retarder l’avancée des incendies. Le travail entrepris par Florent et Basile est donc indispensable. 

L’EARL du Rothenbach élève une soixantaine de vaches vosgiennes, qu’elle valorise en vente directe sous forme de produits laitiers, fromages ou encore de viande. Mais l’exploitation se diversifie également dans le maraîchage ainsi que l’élevage de brebis. 

La passion étant de rigueur dans ce métier, Florent ne déroge pas à la règle. Cet amoureux de la montagne et des vosgiennes est à la tête d’une exploitation remarquable qui n’a eu de cesse de se renouveler les dernières années et qui démontre aujourd’hui qu’un autre modèle d’élevage est possible. Celui d’un élevage extensif qui soit rémunérateur pour les agriculteurs, créateur de liens sur le territoire, qui valorise les bêtes, et contribue à l’entretien de nos paysages et de notre environnement.