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Budget 2026 : quand la responsabilité l’emporte sur l’obstruction

Le marathon budgétaire touche à sa fin. Quatre mois de débats, d’amendements, de nuits passées dans l’hémicycle, tandis qu’à l’extérieur, le monde n’a cessé d’avancer. Le budget 2026 n’a pas manqué de discussion, ni même de confrontation : il a été travaillé, enrichi, parfois corrigé, souvent amélioré par des parlementaires de bonne volonté, désireux de trouver un chemin de compromis. 

Le débat parlementaire est le cœur battant de notre démocratie, et c’est précisément ce cœur que certains partis politiques ont choisi d’épuiser par le jeu dangereux des obstructions, des guérillas d’amendements et de votes irresponsables. Pour eux, il ne s’agissait pas de proposer une alternative crédible, mais de provoquer le blocage. Or, la France ne peut se payer le luxe de l’immobilisme.

Le monde n’attend pas l’Assemblée nationale. Il se durcit, se fracture, s’accélère. Des puissances prédatrices s’affirment et avancent de plus en plus décomplexées. Face à cela, notre pays doit investir pour protéger notre économie, notre liberté et notre souveraineté. Sans budget voté, nous ne pouvons faire cela.

Dans nos territoires, le monde agricole a crié sa détresse. Là encore, sans budget, aucun soutien ne peut être débloqué, aucune mesure concrète engagée. Notre transition écologique et énergétique, que nous savons indispensable et urgente, ne peut reposer sur des intentions : elle exige des investissements, des crédits, des choix clairs. Sans budget, elle reste à l’arrêt.

Les exemples pourraient se multiplier. Tous conduisent à la même conclusion : sans budget, la France s’arrête. Et pendant ce temps, nos concitoyens regardent leur pays devenir spectateur d’un monde qui court.

C’est dans ce contexte que le Gouvernement a décidé d’engager sa responsabilité en recourant à l’article 49-3 de notre Constitution. Cette décision n’est ni un confort, ni un contournement du Parlement. Elle est un aveu de gravité. Car le texte qui en résulte n’est pas celui d’un camp. Il ne peut se prévaloir d’aucune majorité politique, ni même d’une victoire idéologique du Gouvernement. 

Comme vous avez pu le suivre depuis le début de ces discussions budgétaires, et fidèle à ma ligne de conduite, j’ai moi-même porté et défendu des propositions concrètes pour faire évoluer ce texte, notamment pour améliorer le pouvoir d’achat des agriculteurs retraités, maintenir le soutien au pastoralisme et à l’agriculture biologique ou ecnore pérenniser la protection des zones humides et des haies. Si je regrette que malgré le fait que deux de ces amendements aient été votés par l’Assemblée nationale en première lecture, ces dispositions n’apparaissent pas dans la version finale du budget, je reste convaincu de l’importance des compromis qui ont mené à ce budget.

Le premier devoir d’un élu est de respecter le choix des électeurs. L’Assemblée nationale est le miroir de notre démocratie représentative : en 2024, les Français ont fait le choix du pluralisme, et cela impose à chacun d’entre nous d’accepter le compromis non comme un renoncement, mais comme un devoir démocratique.

La séquence budgétaire engagée depuis septembre sous la houlette de Monsieur Sébastien Lecornu nous a mis face à cette responsabilité collective : faire vivre le débat parlementaire et apprendre à avancer ensemble. Cette culture du compromis que nous devons continuer à cultiver aujourd’hui à l’Assemblée sera aussi indispensable demain, au niveau international, pour défendre, unis, le monde libre et les valeurs qui nous rassemblent.