J'ai eu le plaisir de recevoir à l'Assemblée nationale trois jeunes étudiants : Claire Le Floch, Nathalie Wyka et Mathis Parmentier.
Mathis est originaire d'Orbey, dans notre vallée. Ces trois étudiants font partie des 50 jeunes ingénieurs et scientifiques qui ont travaillé bénévolement pendant plusieurs mois pour répondre à une question simple en apparence, mais redoutable dans sa complexité : comment décarboner la construction pour atteindre la neutralité carbone en 2050 ?
Leur réponse tient en 46 recommandations concrètes, remises en février dernier au CESE, le Conseil Économique Social et Environnemental qui constitue la troisième assemblée constitutionnelle de la République. Et leur message clé mérite d'être entendu bien au-delà des cercles d'experts : le meilleur béton bas carbone est celui qu'on ne coule pas.
Ce que ces jeunes ingénieurs pointent, c'est une réalité que nous avons trop longtemps ignorée. Le ciment représente 8 % des émissions mondiales de CO₂. On utilise du béton partout, y compris là où la pierre, le bois, la terre crue ou la paille feraient bien mieux le travail, à moindre coût environnemental et souvent à moindre coût tout court, si l'on raisonne sur le temps long. On démolit quand on pourrait déconstruire et réemployer. Et on investit des dizaines de milliards dans des technologies de capture carbone qui, au maximum de leur potentiel, ne pourront absorber que 10 % des émissions, pendant que l'on remet à plus tard les vraies solutions.
Ce qui m'a frappé dans cette rencontre, c'est la clarté et la maturité de leur démarche : être le pont entre la science et les décideurs. Ils ont raison. Et notre rôle, au Parlement, est précisément de porter ces voix-là.
La commande publique est le levier le plus direct à notre disposition. Si une école, une mairie, un équipement public sont construits avec des matériaux bas carbone, cela envoie un signal à toute une filière. C'est là que nous pouvons agir maintenant.
Merci à Claire, Nathalie et Mathis pour leur engagement et pour cette belle démonstration que la jeunesse alsacienne a des choses importantes à dire.

