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Visite de la Ferme des Buissons à Lapoutroie

Accompagné du Maire de Lapoutroie, Philippe Girardin, maire de Lapoutroie, j’ai eu le plaisir de me rendre à la Ferme des Buissons, sur les hauteurs de la commune, afin de rencontrer Thierry Weber, producteur de lait et président de l’Organisation des Producteurs (OP) de Lait Bio du Grand Est, ainsi que Vice-président de France OP Lait, et Claudine Goulby, coordinatrice d’OP lait bio Grand Est et formatrice.

Ayant repris l’exploitation en 2015, Thierry Weber élève aujourd’hui un troupeau d’une trentaine de vaches laitières Montbéliardes, Holstein et Simmental, avec une alimentation principalement fourragère. Son exploitation est en agriculture biologique, un mode d’agriculture qui s’est développée très fortement dans la vallée de Kaysersberg puisque l’ensemble des points de collecte de lait y sont en bio.

A ce titre, Thierry Weber est Président de l’organisation des producteurs (OP) de lait bio du Grand Est. L’association, agréée depuis 2014, regroupe aujourd’hui 88 adhérents et représente en production 28 millions de litres de lait. Dans la vallée de Kaysersberg, ce n’est pas moins de 19 adhérents qui prennent part à cette démarche collective.
Monsieur Weber est également vice-président au sein de France OP Lait, la fédération nationale des organisations de producteurs de lait France OP Lait qui regroupe 25 organisations de producteurs français. Cette structure vise à peser davantage auprès des institutions et à renforcer la représentation de la filière laitière biologique au sein des instances interprofessionnelles, en dehors de toute logique syndicale.

Nos échanges ont permis de souligner la typicité de l’élevage de montagne, dont les pratiques héritées de longues traditions d’élevage ont toujours respecté et modelé nos paysages et leur biodiversité. Malheureusement, les externalités positives de l’agriculture biologique restent encore insuffisamment reconnues : ce que les agriculteurs touchent ne reflète pas pleinement les bénéfices que leur mode de production génère notamment la protection de l’eau, des sols et de la biodiversité.
Dans ce contexte, la France fait figure d’exception en Europe, puisque le bio est moins subventionné que l’agriculture conventionnelle.
Enfin, impossible de ne pas parler d’un enjeu majeur : la démographie agricole. Quelle agriculture voulons-nous pour la France de demain ? Quel modèle agricole voulons-nous soutenir ?

Les politiques publiques ont le rôle de créer les conditions pour que les producteurs puissent vivre dignement de leur métier, mais également le devoir de rémunérer justement les services rendus par nos agriculteurs. Au quotidien, ils participent à l’entretien de nos paysages, tout en s’engageant dans des pratiques plus durables, en phase avec les enjeux environnementaux et de biodiversité, il est de notre devoir de les soutenir et de les accompagner.