Je me suis rendu à l’Assemblée générale de l’association Vignes Vivantes, une association qui rassemble des viticulteurs engagés autour d’une question essentielle : comment travailler un sol vivant, dynamique, en bonne santé, au service de la vigne et du vin ?
Depuis plus de 20 ans, Vignes Vivantes fait le pari du partage des expériences et de la circulation des savoirs pour faire avancer le vignoble vers une gestion plus précise de ses terroirs et respectueuse du contexte naturel dans lequel évoluent les vignes.
Aujourd’hui, Vignes Vivantes représente 1 400 hectares, soit 9 % du vignoble alsacien et 40 % du vignoble bio d’Alsace.
Au cœur de leur démarche :
la compréhension de la dynamique des sols (pédologie, climat, potentiel du territoire) ;
la gestion des matières organiques, pilier historique de l’association depuis sa création avec le travail sur les composts ;
la plantation de haies et l’opération « Des enfants et des arbres » ;
la recherche d'engrais verts adaptés à la viticulture pour augmenter la fertilité du sol et lutter contre l'érosion ;
la biodiversité, avec l'objectif de retrouver la diversité des anciens cépages alsaciens.
Sous la houlette d’Isabelle Kuntzmann, agronome et coordinatrice de l'association, les viticulteurs déclinent sur le terrain les résultats d’expérimentations concrètes pour améliorer la vie du sol, la santé de la vigne et, in fine, la qualité des raisins et des vins. Un travail patient, rigoureux, profondément respectueux du vivant.
Cette Assemblée générale a également été marquée par une conférence de Nicolas Constant, référent en viticulture biologique à l’IFV de Rodilhan, sur les solutions de gestion du milieu en viticulture bio à l’horizon 2026, notamment autour du sujet du cuivre. C’est un sujet très important et très intéressant, car la viticulture en agriculture biologique nécessite le recours à cet élément naturel qui ne peut pas être considéré de la même manière que des molécules de synthèse.
La différence est essentielle. Les molécules de synthèse sont, par définition, étrangères aux équilibres naturels et leur articulation avec le vivant est toujours complexe. Le cuivre, lui, est un élément naturel au contact duquel les espèces vivantes ont évolué depuis des millions d’années.
L’approche des agrobiologistes consiste précisément à privilégier des substances issues de la nature elle-même, en cherchant à en maîtriser les usages, les doses et les impacts, plutôt que de recourir à des solutions de synthèse. C’est cette cohérence qui mérite d’être entendue dans le débat actuel pour concilier efficacité agronomique et respect des équilibres naturels.
Je tiens à saluer le président Nicolas Einhart, le secrétaire Jean Dietrich, le trésorier Frédéric Hertz, ainsi que l’ensemble des viticulteurs présents, parmi lesquels Christophe Ehrhart, pour la qualité des échanges.
Vignes Vivantes démontre qu’au-delà des discours sur la transition, il existe un bilan d’actions, de résultats et d’expérimentations concrètes. Leur approche, profondément respectueuse des éléments naturels et du contexte viticole alsacien, constitue une base solide pour envisager l’avenir de notre vignoble.