J’ai eu le plaisir de rejoindre Serge Sifferlen, président de l’Association des Fermes-Auberges du Haut-Rhin, ainsi que les fermiers-aubergistes du massif vosgien, à l’occasion d’une conférence de presse organisée à la ferme-auberge du Treh, au Markstein.
Ce moment convivial, autour d’un déjeuner de spécialités, fut aussi un moment de fond sur l’avenir d’un modèle agricole, touristique et humain profondément ancré dans notre territoire.
Les fermes-auberges sont une fierté alsacienne. Depuis près de 150 ans, elles incarnent cette rencontre si singulière entre l’agriculture de montagne et l’accueil. Héritières de la tradition des marcaires, ces éleveurs qui conduisaient leurs troupeaux vers les hautes-chaumes dès le IXe siècle, elles perpétuent une histoire vivante, rythmée par les saisons, les paysages et le travail de celles et ceux qui font vivre la montagne.
Ce qui fait la force de ce modèle, c’est sa cohérence. La ferme-auberge n’est pas un simple lieu de restauration : elle est le prolongement naturel de l’exploitation agricole. On y élève, on y produit, on y cuisine, on y accueille. Les circuits courts ne sont pas ici un argument, mais une réalité quotidienne. Les produits de la ferme, le chauffage au bois, les recettes transmises de génération en génération disent quelque chose d’essentiel : une économie locale peut être à la fois moderne, durable et fidèle à ses racines.
Cette conférence de presse s’inscrivait aussi dans un contexte particulier, puisque 2026 a été proclamée Année internationale des parcours et du pastoralisme par les Nations Unies. Cette reconnaissance met en lumière ce que les fermiers-aubergistes de nos Vosges savent depuis longtemps : le pâturage extensif n’est pas une pratique du passé. Il entretient les paysages ouverts, préserve la biodiversité, favorise l’infiltration de l’eau et contribue au stockage du carbone.
Sans les troupeaux, ce sont les broussailles qui avancent, les paysages qui se ferment, et avec eux une part de l’âme de nos Vosges qui disparaît. Défendre les fermes-auberges, c’est donc défendre bien plus qu’une tradition gastronomique : c’est soutenir une agriculture de montagne, une manière d’habiter le territoire, et une présence humaine indispensable à l’équilibre de nos paysages.
J’ai été heureux d’échanger l’ensemble des fermiers-aubergistes présents sur leurs projets, leurs attentes et les défis auxquels ils font face. Ce réseau porte des valeurs qui me sont chères : le lien au territoire, la transmission, l’économie locale, la sobriété et une montagne vivante.
Je continuerai à les accompagner avec attention dans leurs démarches, car les fermes-auberges sont un patrimoine vivant qu’il nous appartient de soutenir et de transmettre.

