Tout au long du mois de mai, je suis allé à la rencontre de nos entreprises afin d'échanger avec celles et ceux qui entreprennent sur notre territoire.
C'est avec grand plaisir que je suis allé à la rencontre des restaurateurs Boris et Delphine Keller de l’Auberge du Vallon, à Guebwiller, nichée dans un écrin de verdure exceptionnel au départ des sentiers menant au Grand Ballon.
Passionnés par l'environnement, en vingt ans, Boris et Delphine ont façonné ce paradis de leurs propres mains. Là où se trouvaient des friches délaissées, ils ont planté, un à un, entre 400 et 500 arbres et plantes (mélangeant avec audace bambous, palmiers et essences locales). Ce qui n’était à l’origine qu’un simple petit ruisseau a été patiemment aménagé en un étang magnifique, aujourd'hui équipé d'un système d'oxygénation pour préserver cet écosystème aquatique.

Il était donc tout à fait logique de voir figurer ces restaurateurs paysagistes hors du commun dans les lauréats du concours intercommunal 2025 « Fleurir le Florival ».
Que ce soit pour savourer leur célèbre pâté en croûte vigneron chaud, une authentique choucroute ou de délicieuses grillades au coin de la cheminée en hiver, la Ferme du Vallon incarne à la perfection l'excellence de notre gastronomie traditionnelle alsacienne et le sens de l'accueil de notre massif.
Soutenir nos restaurateurs et nos entrepreneurs locaux, c'est préserver l'âme et le dynamisme touristique de nos vallées. Encore un très grand bravo à Delphine et Boris pour ce prix qui fait la fierté de Guebwiller et de toute notre circonscription.
N'hésitez pas à franchir leur porte pour redécouvrir ce lieu magique !



À Orbey, j’ai eu le plaisir de visiter la pisciculture François Guidat, une exploitation emblématique de notre vallée, née d’une histoire familiale aussi touchante qu’extraordinaire.
Tout commence dans les années 1960 lorsqu’un père, cherchant à soigner le rachitisme de son fils après le conseil d’un médecin de lui faire manger de la truite, décide de créer… une pisciculture entière. Par amour pour son enfant, il part de rien. Les bassins sont creusés à la pioche par toute la famille, pierre après pierre, avec courage et persévérance.De cette aventure humaine est née une véritable transmission familiale. Aujourd’hui, Nathalie Guidat, petite-fille du fondateur, perpétue ce savoir-faire historique avec passion et exigence, en produisant des truites alsaciennes de grande qualité dans une logique de proximité et de circuit court.
Sa philosophie résume parfaitement l’esprit de cette maison : « Je cuisine pour mes clients comme je cuisinerais pour mes amis. »
Derrière cette simplicité, il y a une vision profondément humaine de l’agriculture et de l’alimentation : produire localement, avec soin, respect et authenticité, tout en faisant vivre l’économie et l’identité de notre territoire.
Mais derrière la passion et l’engagement de nos producteurs locaux, le quotidien reste souvent très difficile. Nathalie m’a partagé les nombreuses contraintes réglementaires et administratives qui pèsent sur les petites structures, avec des normes parfois pensées de la même manière pour des exploitations artisanales et de grands groupes industriels.
Elle m’a notamment expliqué combien certaines obligations, comme la traçabilité par numéros de lots, peuvent compliquer les approvisionnements locaux et freiner les circuits courts, alors même que la volonté de travailler avec les fermes de la vallée est bien réelle.
J’ai également été marqué par le sentiment d’isolement que peuvent ressentir ces exploitants face à une administration toujours plus dématérialisée et complexe, où le dialogue humain et la prise en compte des réalités de terrain deviennent parfois difficiles.
Nous avons le devoir de protéger ces entreprises à taille humaine, qui font vivre nos vallées, entretiennent nos paysages et transmettent bien plus qu’un métier : un savoir-faire, une identité et une passion.
Nous devons aussi garantir à celles et ceux qui consacrent leur vie à nourrir nos territoires des conditions de fin de carrière et des retraites dignes de leur engagement.
Un immense merci à Nathalie Guidat, à François Guidat et son épouse, à toute leur famille et leur équipe pour leur accueil chaleureux, leur authenticité et leur investissement au service de notre terroir.


À Linthal, à 930 mètres d’altitude sur les pentes du Remspach, j’ai rencontré Frantz Baumann, sa famille et toute l’équipe de la Ferme des Pensées Sauvages. Une ferme de montagne emblématique : vivante, diversifiée, profondément ancrée dans son territoire, où les vaches vosgiennes, chèvres, cochons, poules et chiens cohabitent en liberté.


Frantz Baumann est un visage familier de longue date. Dès les années 1980, nous nous croisions déjà à la foire Écobio de Rouffach, à une époque où l’agriculture biologique était encore à ses balbutiements. Pionnier du bio en Alsace, il a très tôt défendu une vision de l’agriculture exigeante, engagée, et fidèle au vivant.
Ici, la ferme est née de la rencontre de deux familles et d’un pari : sauver et reconstituer la vache vosgienne, alors en grande difficulté. Quarante ans plus tard, le résultat est là, fruit d’un travail de sélection patient et d’une connaissance fine du territoire.
Cette aventure paysanne est aussi une histoire de transmission. Aujourd’hui, Mathis Baumann incarne cette nouvelle génération qui prolonge l’héritage tout en l’ouvrant à l’innovation.
La ferme transforme sur place : Bargkass, yaourts, Bibbalakaas…et son Munster, reconnu bien au-delà de la vallée. L’atelier caprin, avec une cinquantaine de chèvres, contribue aussi à l’entretien des pentes et permet de nouvelles productions, comme le Geisster, un munster au lait de chèvre, qui illustre cette capacité à innover sans rompre avec les traditions.La ferme, c’est aussi un atelier pain et maraîchage en AMAP : 65 familles nourries chaque semaine, une équipe de 7 personnes, des céréales cultivées sur place, transformées en farine puis en pain, cuit dans des fours centenaires.
Ici, on produit vraiment avec la nature. Sur ces prairies escarpées à forte valeur écologique, cette ferme démontre chaque jour la pertinence d’une agriculture de montagne respectueuse des équilibres naturels.Au cours de nos échanges, Frantz et Mathis ont partagé leurs inquiétudes face aux évolutions législatives en cours. Dans le débat sur les urgences agricoles, ils appellent à ne pas fragiliser les petites exploitations familiales et les modèles à taille humaine, essentiels à nos territoires.
Mathis, très engagé, a plaidé pour une plus grande écoute des différentes réalités agricoles par les parlementaires et le Gouvernement et rappelé une réalité essentielle : le monde agricole est pluriel, et toutes ses voix doivent être entendues.
C’est ce rôle de relais que je continuerai d’assumer, à Paris, pour que la transition agricole ne se fasse jamais sans la réalité des paysans de montagne.



Sur environ 60 hectares, l’exploitation développe une véritable polyculture-élevage : céréales (blé, maïs), vigne (ils sont coopérateurs de la cave de Bestheim), mais aussi des productions plus spécifiques et à forte valeur ajoutée.
Carole y mène un élevage d’escargots et propose des produits transformés de grande qualité. Elle développe également des cultures de myrtilles et une production d’œufs, aujourd’hui renforcée par un projet majeur d’élevage de 15 000 poules pondeuses en plein air.
Ce projet, mûri sur près de six ans, s’inscrit dans une dynamique nationale de développement de la production d’œufs en plein air, dans un contexte de forte demande pour cette protéine accessible et de qualité. L’installation, impressionnante par sa taille et sa technicité, intègre des équipements modernes permettant à la fois l’efficacité du travail, le bien-être animal et la valorisation des ressources agricoles, notamment via la réutilisation des effluents comme fertilisants naturels.
C’est une vision complète et cohérente de l’agriculture qui a été présentée : innovation technique, respect de l’environnement, attention portée au bien-être animal et recherche constante de qualité pour le consommateur.
J’ai tenu à saluer le travail remarquable de ce couple d’agriculteurs, leur courage et leur capacité d’investissement, ainsi que leur engagement pour une agriculture d’avenir, à la fois performante et responsable.
Merci également à l’ancien maire Bernard Kempf, qui a accompagné et soutenu ce projet complexe sur le plan administratif, ainsi qu’à l’ensemble des élus et partenaires présents, dont Umberto Stamile, président de la communauté de communes et maire de Guémar, Ange Loing, président de la Chambre d’agriculture, et le sénateur Klinger.
Magasin de Musique ALTER
Je suis allé à la rencontre du gérant du magasin Musique Alter, Christian Alter, à Ingersheim. Musicien depuis son plus jeune âge, il a consacré une grande partie de sa vie à faire vivre cette passion à travers son magasin, mais aussi à travers son activité d’animation et de sonorisation d’événements. Fêtes associatives, manifestations locales, concerts… son entreprise participe depuis de nombreuses années à la vie culturelle et festive de notre territoire

Au fil de notre échange, il m’a confié les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux commerces indépendants aujourd’hui. La concurrence des grandes plateformes de vente en ligne, des marges toujours plus faibles et des charges importantes rendent l’exercice de plus en plus compliqué. Dans le domaine de la musique, beaucoup de magasins ont déjà disparu ces dernières années.
Pourtant, ces commerces apportent un service précieux : des conseils personnalisés, la possibilité d’essayer un instrument avant de l’acheter, un accompagnement de qualité pour les écoles de musique, les associations et tous ceux qui souhaitent apprendre ou pratiquer un instrument.
Son fils qui souhaite reprendre l’entreprise développe déjà l’activité événementielle, une perspective de transmission encourageante pour préserver ce savoir-faire culturel local, même si cette reprise reste freinée en raison des contraintes du métier. Ces échanges ont été particulièrement sincères et directs. Ce sont précisément ces moments de terrain qui nourrissent et éclairent le travail parlementaire à Paris : c’est en écoutant ce qui fonctionne moins bien, ce qui bloque ou ce qui est inadapté, que l’on peut faire évoluer les cadres existants et mieux identifier les secteurs qui nécessitent une attention particulière ou des ajustements.
À chacune de mes rencontres, je mesure l’importance de ces entrepreneurs qui font vivre nos communes et notre économie. Derrière chaque commerce, il y a une histoire, des années de travail, des investissements, des moments difficiles parfois, mais surtout une volonté de continuer à s’engager et à faire vivre leur entreprise.
Enfin, il ne faut pas oublier que le maintien de ces commerces de proximité repose aussi sur une forme de responsabilité collective. Les choix de consommation jouent un rôle déterminant. Soutenir nos commerces locaux, c’est contribuer directement à la vitalité de nos centres-bourgs et de nos territoires. Les magasins de musique, comme tant d’autres commerces spécialisés, participent pleinement à cette richesse locale qu’il nous appartient de préserver.

Visite de la nouvelle maison des vins d’Alsace
J’ai eu le plaisir de visiter les nouveaux locaux de l’Association des Viticulteurs d’Alsace (AVA) à Colmar, aux côtés de son président Gilles Ehrhart et du nouveau délégué général Théo Grischko.
Ce bâtiment moderne de 1 800 m², partagé avec le Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace (CIVA), représente un investissement 5,8 millions d’euros pensé comme une véritable maison alsacienne dédiée à la filière.
Un investissement important mais utile, qui permet désormais de réduire drastiquement les coûts de fonctionnement, notamment les dépenses énergétiques, tout en offrant des conditions de travail modernes et adaptées aux besoins de la filière.
Au cœur des échanges :
- la défense collective des viticulteurs alsaciens
- la mise en oeuvre dans notre vignoble de ma proposition de loi sur les vignes en friche
- la valorisation du travail de production des paysages réalisé par les agriculteurs. Essentielle à l’attractivité touristique de notre territoire, les viticulteurs ne bénéficient pas de la valeur qu'ils produisent à travers leur travail paysager.
Une visite riche d’échanges et tournée vers l’avenir de notre vignoble alsacien, au cours de laquelle j'ai eu le plaisir de voir que le nouveau délégué général a pleinement pris ses marques aux côtés du Président et de l'équipe de l'AVA.
Visite du domaine Hugel
J’ai eu le plaisir de visiter le Domaine Hugel, maison emblématique du vignoble alsacien, installée au cœur de Riquewihr depuis plus d’un siècle et véritable ambassadrice du savoir-faire viticole de notre région.
Au fil des années, la coexistence entre une activité de production et un centre historique très touristique est devenue un véritable défi. Pour y répondre, l’entreprise a débuté un important projet de modernisation avec la construction de nouveaux locaux à l’extérieur du centre historique.


Ce projet permettra notamment d’améliorer les conditions de travail des salariés grâce à des espaces plus fonctionnels et mieux adaptés aux besoins actuels, tout en réduisant fortement les nuisances liées aux allées et venues de camions dans les petites rues du centre de Riquewihr.
C’est aussi un investissement remarquable pour notre territoire : préserver le patrimoine, accompagner l’évolution d’une entreprise familiale historique et soutenir durablement l’emploi local.
J’ai également pu constater la qualité de la restauration du bâti existant, menée dans le respect de l’identité et du charme architectural de notre belle cité alsacienne.
Voir nos entreprises familiales investir avec autant de passion, de courage et de respect pour leur territoire est une véritable fierté.
Merci au directeur du Domaine, Monsieur Jean-François De Volder, pour son accueil et cette visite.
