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Proposition de loi sur le cadmium - ma position

Cette semaine, l'Assemblée nationale a examiné en séance publique la proposition de loi visant à réduire la présence du cadmium dans notre alimentation. Je suis intervenu à trois reprises dans ce débat et j'ai voté pour le texte, en m'opposant à tous les amendements visant à rallonger les délais d'action.

Le cadmium est un métal lourd qui s'introduit dans notre alimentation par les engrais phosphatés importés. Pain, pâtes, pommes de terre, céréales : les produits de base de notre quotidien. Il s'accumule dans l'organisme pendant des années, avec une demi-vie de quinze à trente ans, et provoque des dommages rénaux, osseux et cancérogènes documentés. Classé cancérogène certain du groupe 1 par le Centre International de Recherche sur le Cancer depuis 1993, il touche aujourd'hui la totalité de la population française, sans distinction.

Au fil de mes trois interventions, j'ai voulu porter trois convictions.

La première : cette contamination n'est pas un choix. Contrairement au tabac, personne ne décide de s'exposer au cadmium. Il s'impose à tous par notre alimentation la plus ordinaire. C'est précisément parce qu'il n'y a pas de choix possible que la protection doit venir du législateur.

La deuxième : la science est indiscutable. Le niveau de certitude scientifique sur la dangerosité du cadmium est le plus élevé qui existe. L'ANSES recommande d'abaisser les seuils dans les engrais depuis 2019. La France applique encore 90 mg/kg quand l'Europe est à 60 mg/kg et quand l'agence sanitaire française préconise 20 mg/kg. Ce retard n'est pas acceptable.

La troisième portait sur l'apoptose : le mécanisme naturel par lequel notre corps identifie et élimine chaque jour les cellules endommagées, avant qu'elles n'évoluent en cancer. Le cadmium peut bloquer ce processus en endommageant l'ADN. Il ne provoque pas le cancer directement : il désarme le bouclier biologique que l'organisme utilise pour s'en protéger naturellement. C'est, à mes yeux, l'argument scientifique le plus fort pour comprendre l'urgence d'agir.

Les précédents sanitaires que nous connaissons (amiante, Distilbène, chlordécone) nous ont appris à nos dépens que l'attente a toujours un coût. Un coût humain d'abord, et un coût économique considérable pour notre système de santé, qui supporte pendant des décennies les conséquences de contaminations que l'on aurait pu prévenir. Agir tôt coûte toujours moins cher qu'agir tard.

Ce texte n'est pas un texte contre l'agriculture. Il ne remet pas en cause l'usage des engrais phosphatés, indispensables à notre production. Il exige simplement que les produits importés respectent des normes sanitaires à la hauteur de ce que recommandent nos propres agences. C'est une question d'intérêt général, et j'ai voté en conséquence.